Bananée 2012

Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que ce sera la tendance 2012 : une grosse bananée. C’est ptet le vent qui souffle depuis l’actualité. C’est comme la tempête de ces derniers jours : on a beau fermer portes et fenêtres, ça siffle dans les cheminées, impossible de l’ignorer.

On nous l’a donc déjà annoncé (laissons ce « on » impersonnel ne pas nous gâcher notre enthousiasme vivifiant de la reprise de boulot/école/rien à foutre), si vous n’aviez pas beaucoup aimé le climat socio-économique de 2011, vous allez détester 2012. J’évite donc de vous souhaiter une bonne année, ça ne risque pas.

Mis à part cette introduction follement positive, je remarque comme ça, l’air de rien, que l’Éducation Nationale a souhaité faire passer de meilleurs fêtes aux cancres qui leurs servent habituellement d’élèves, en ne livrant pas les bulletins du premier trimestre : en tout cas dans l’excellent collège fréquenté par Kikoolol. Les réunions ont pourtant bien eu lieu, les moyennes ont été faites (automatiquement par le merveilleux système de cartable en ligne, j’y reviendrai sûrement un de ces jours tellement ça m’agace), le bulletin est disponible en ligne, certes, certes. Et pour ceusses de ces parents, qui doivent bien encore exister quelque part, qui n’ont pas Internet, voir qui ne savent aucunement comment s’en servir ?

Heureusement qu’en début d’année, le personnel éducatif du dit collège, réuni en rangs serrés face au troupeau de parents, a déroulé un émouvant sermon sur le fait qu’il faut suivre ses enfants, les encourager, voir régulièrement leurs notes, les contrôler, car bon, ils sont grands mais pas si grands, ils sont petits aussi, bref, s’intéresser à leur scolarité. Ahem, moi je veux bien, m’dame, mais je fais comment ?

Tiens, finalement je vais y revenir tout de suite, sur ce cartable en ligne, tellement ça m’agace. Déjà, je me demande si je ne serais pas en droit de recevoir une information décente, et non forcément liée à un support (Internet) payant (faut-il le rappeler) ? Ne serait-ce qu’un bulletin trimestriel, d’ailleurs…

Depuis cette année, le cartable en ligne est obligatoire, nous a-t-on asséné en début d’année pendant le sermon scolaire. Bon, il était déjà mis en place depuis quelques années, mais là, comme c’est obligatoire, les professeurs sont obligés de s’y mettre tous, donc il sera en plus efficace. Youpie, que je me suis dite dans mon for intérieur.

Sauf que les professeurs ne s’y sont pas mis. Je ne vais pas rapporter, mais sur douze professeurs, il n’y en a que deux tout petits tiers qui prennent le temps (parfois) de saisir les notes, sinon en temps réel, au moins de temps en temps par blocs de deux ou trois semaines. Les autres, c’est kinder surprise. Il y en a au fond qui ruent dans les brancards pour dire que deux tiers, c’est bien ça ! Ça ne vous choque pas ?

Et je ne parle même pas du cartable version élève, celui qui devrait filer les devoirs et leçons faites et à faire, des fois que quelque chose serait à rattraper : là, c’est le vide intersidéral. En début d’année, il y a bien un professeur de bonne volonté qui s’y était (une peu) mis, mais on lui a tout effacé, et il n’a pas poursuivi son expérience. Je suis bien d’accord que c’est aux élèves de noter tout ça, de se tenir au courant, de s’informer de ce qu’il faut rattraper en cas d’absence, si déjà quelqu’un leur avait enseigné qu’il faut le faire (mis à part les chieurs de parents qui ont beau le répéter, ils ne se trouvent quand même pas à l’école au bon moment) : mais bon, là c’est un outil mis en place et obligatoire, d’ailleurs.

Je suis une maman d’élève compréhensive, le boulot de prof est un boulot dur, peu payant (dans tous les sens du terme), les réformes scolaires sont hallucinantes de bêtise, et ne concourent qu’à déshabiller progressivement l’école de toutes ses missions sociales, intellectuelles, humanistes et civiles, et ce depuis les années 1960. Je me range résolument du côté des enseignants tous niveaux confondus. Mais bon, le métier de parent n’est pas non plus chose facile, dans ce maelström qu’est devenu le collège. J’en ai un peu marre qu’on me mette constamment sur le dos le manque de communication et de collaboration. Il n’y a pas plus communicative et collaborative que moi, comme parent. Enfin, en tout cas je l’étais : mais à force de visites inutiles aux professeurs – les discussions se bornent toujours, au mieux, à un exercice de haut vol de langue de bois, au pire, à un « tout va bien, merci, au prochain » (et non, tout ne va pas bien, sinon je ne serais pas là à tenter de vous parler) – je baisse les bras, je ne vais plus aux kermesses parents/profs, je ne vais plus aux manifestations diverses de l’école qui se révèlent toujours être vides du sens qu’on m’avait pourtant promis dans les invitations, et je tente de faire mon boulot le plus efficacement possible dans mon chez moi à moi.

Enfin, heureusement que j’ai Internet, que que j’ai pu lire le compte rendu de la réunion de classe avant qu’il ne soit effacé du site de l’école, et que j’ai pu consulter le bulletin de Kikoolol afin de faire le point avec lui sur le « fait » et le « à faire ».

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, donc.